• Naïma Chalabi

Pendant et après une psychothérapie

Pour commencer j’aimerais introduire que le processus en question commence dès la première séance de thérapie notamment en Gestalt-thérapie dont les protocoles sont complexes mais néanmoins fabuleux.

Pour écrire cet article je me base sur ma pratique de Gestalt-praticienne en cabinet qui découle de l’enseignement professionnel et personnel que j’ai reçu à l’IFAS-Ecole humaniste de Gestalt.

La Gestalt-thérapie repose sur plusieurs mouvements distincts pendant et après la thérapie.


Pendant la thérapie


1. Le premier mouvement : Nous dévoiler ; les conditions pour nous dévoiler.


Notre éducation, les bonnes mœurs, la politesse, et la bienséance nous demandent (obligent ?) à communiquer avec filtres voire à ne rien communiquer au risque de déclencher un raz de marée.

Rares sont ceux qui ont fait l’expérience de s’exprimer de manière brute sans se retrouver à un moment ou un autre isolé.


Et même si vous pouviez dire ces choses, est ce qu’en face vous vous sentiriez réellement compris et vos propos totalement accueillis avec patience, non jugement et intérêt ?...


La parole qui ne se libère pas devient un comportement délétère pour soi et pour son entourage.


Il existe un lieu où l’on peut tout dire, cette exception se trouve dans la psychothérapie : On peut dire tout ce que nous avons besoin de dire et nous devons nous efforcer de le faire.


Lors des séances nous n’avons pas à impressionner ou à rassurer la personne du thérapeute, on peut expérimenter son tranquille et réel intérêt pour ce que nous lui délivrons à propos de nous, de notre part d’ombre, de ce qui nous fait souffrir encore et encore, et de nos émotions quelles qu’elles soient.


L’expérience d’avoir en face un interlocuteur qui ne soit pas gêné, horrifié ou offensé, c’est ici tout le contraire de la solitude, on se sent moins seul.e.


Le thérapeute est familier du besoin de censure, du mimétisme social et du jugement moraliste que peut produire la société ou la famille sur un individu.

Il connait assez bien les peurs puissantes et particulières qui nous prennent en otage, il le sait parce qu’un jour il a eu le courage et la curiosité de comprendre et de découvrir sa propre nature, en plus de sa formation théorique il est allé en stage et en thérapie et (normalement) il continue d’y aller.


Il est toujours de notre côté, il doit toujours œuvrer dans l’intérêt élevé de son client, le cabinet est un lieu où tout ce qui s’y dit reste sous le sceau de la confidentialité et en dehors des pressions quotidiennes.

Il s’efforce d’entrer dans notre expérience et de s’y associer parce que c’est son travail de le faire. Dans cet espace-temps qu’est la psychothérapie nous sommes autorisés à dire, penser et ressentir pleinement pour pouvoir avancer et aller vers la création du changement et vers un savoir mieux être.


2. Le second mouvement : l’Ecoute ; les moyens de l’écoute


C'est difficile dans nos quotidiens de pouvoir penser en profondeur et de façon cohérente.

C’est souvent les sujets les plus importants dans nos vies qui en pâtissent.


La conséquence, est que certains sujets auxquels nous devrions donner plus d’importance, tombent et retombent régulièrement dans les limbes ou au mieux sont brouillés. Le coût psychologique est soit de ne pas avancer tellement le brouillard est épais soit de devoir avancer sans feu de brouillard, c’est pénible fatiguant et dangereux.


Ce qui contribue à la connaissance de nos pensées est curieusement la présence d’un autre esprit. On y arrive mieux en tandem, et ça va plus vite.


C'est la saine curiosité de quelqu'un d'autre à notre égard et l'obligation de verbaliser nos pensées qui nous mobilisent pour rester concentré.


Un très bon ami pourrait être attentif et prêt à nous écouter. Ça peut faire du bien un temps mais ça ne suffit pas. L’Ecoute s'étend bien au-delà du fait d’être poli et de ne pas être interrompu.


Être vraiment entendu signifie être le destinataire d'une stratégie d'écoute active.


Le thérapeute est un professionnel de l’écoute active. À des points stratégiques il intervient de manière qui souvent n’a l’air de rien mais est cruciale, parce que c’est difficile de rassembler et d'exprimer ce que nous avons réellement à l’esprit.


En tant que bénéficiaire de l'écoute active, nos idées, nos souvenirs et nos préoccupations n’ont pas à être formulées via des phrases bien tournées et savantes, au contraire c’est largement autorisé de trébucher ou d’être confus dans notre propos. Le thérapeute par son écoute accueille, contient et déploie cette confusion qui émerge tout en nous rassurant continuellement que ce que nous disons est effectivement important et précieux.


Nous arrivons en thérapie avec des questions. Nous avons un problème, un mal être, une inertie qu’on ne saisit pas totalement.


Tout au long des séances, notamment en Gestalt-thérapie, le thérapeute, avec beaucoup de discernement, va mener via un sondage prudent et une observation régulière de votre personne, une investigation pour découvrir comment notre problème pourrait être lié au reste de notre existence.


C’est au fur et à mesure de nos séances, grâce à cette écoute active, que nous arrivons par un processus émotionnel complexe et puissant à une succession de petites découvertes sur les sources de nos difficultés et à regarder la manière dont nous y répondons aujourd’hui ; souvent nous y répondons de manière à entraver nos possibilités et notre potentiel.


3. Le troisième mouvement : La relation, le lien qui guéri.


Le contact continu avec le thérapeute, les séances hebdomadaires sur plusieurs semaines, contribuent à la création de quelque chose : une relation.


Cette relation n’a rien de commun avec les relations amicales, amoureuses, familiales, professionnelles, … une relation avec un psychopraticien, c’est une relation thérapeutique.


Par ce qu’on y a dévoilé et par l’écoute active, la relation thérapeutique devient le microcosme de nos relations en général et peut donc être utilisée comme un moyen unique pour connaître et apprendre de nos tendances émotionnelles les plus imperceptibles.


Lors des déances, toutes nos tendances et nos habitudes sont remarquées, le thérapeute vous partage son ressenti – ce ne sont jamais des reproches ou des conseils - mais plutôt des informations importantes, généreuses et constructives sur nous et nous méritons d’en avoir conscience.


Ainsi, sur la base d'une plus grande conscience de soi, se modifie et s'améliore notre relation à nous-même et donc avec les autres et le reste de notre quotidien.


La thérapie nous invite à internaliser une meilleure voix intérieure, prête à ressurgir dans les moments où nous en avons besoin.


Après la thérapie


2. Le quatrième mouvement : le processus, faire confiance au processus.


Pour commencer j’aimerais introduire dans cette partie que le processus en question commence dès la première séance de thérapie notamment de Gestalt-thérapie dont les protocoles sont complexes mais néanmoins fabuleux.


Qu’est ce qui se passe pour moi après la thérapie ?, qu’est-ce que je deviens ?


La thérapie ne rend pas la vie meilleure que ce qu’elle est déjà, il arrivera encore que les gens, la famille continuent de nous méconnaitre, on rencontrera des difficultés et parfois la solitude aussi.

La thérapie ne nous empêche pas de tomber malade, de perdre des proches…


Mais il y aura en nous comme une issue de secours : Nous aurons un peu plus d’espace, de choix, de paix et de liberté.


Nous serons moins rigide, moins limité dans notre marche de manœuvre face aux difficultés.

Nous aurons appris à accepter vraiment qu’il y ait des situations auxquelles nous ne pouvons rien, mais aussi que nous pouvons agir différemment, qu’il y a moins à craindre.


On se découvre agréablement une personnalité que nous avions enfouis pour pouvoir faire face aux atmosphères délétères dans lesquelles nous avions pu être.


Ça devient plus simple d’exprimer nos besoins, on trouve plus facilement des alternatives aux silences. Au lieu de subir les critiques et les situations difficiles nous devenons capable de dire qu’elles sont injustes pour nous et en quoi elles le sont, nous reprenons notre responsabilité au sens le plus noble du terme : c’est savoir comment se « réparer » de manière réfléchie et sérieuse, nous sommes capable de réponse, de compassion, de gratitude et de bienveillance envers nous-même.


La Gestalt-thérapie, aura donc fait son travail : réveiller le processus en vous.


Et pourquoi pas continuer ce fabuleux travail ou en ouvrir un nouveau ...


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Naïma Chalabi

Gestalt-praticienne

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